Hannah Arendt et la superfluité humaine : l’exclusion contemporaine appréhendée à travers des études de cas

Emanuel GuayDardan IsufiJosé-Frédérique Biron, Michael Restagno

Notre table ronde se penchera sur l’actualité de la notion de superfluité, telle que développée par Hannah Arendt dans ses travaux sur le totalitarisme. Comment sont (re)produites aujourd’hui les divisions entre personnes incluses et exclues, citoyen-ne-s disposant pleinement de leurs droits et indésirables relegué-e-s au gouvernement humanitaire ou à une forme plus ou moins radicale d’abandon ?

Notre table débutera avec une présentation de la notion de superfluité humaine, qui permet à Arendt de penser la spécificité du totalitarisme par rapport à d’autres régimes politiques oppressifs. Nous nous engagerons ensuite dans l’étude de la superfluité post-totalitaire, en étudiant d’abord l’apatridie comme condition existentielle, pour en circonscrire ensuite les conditions de possibilité institutionnelles et la réfléchir, finalement, comme une situation créée et maintenue au croisement d’une multitude de micro-pouvoirs. Seront mobilisés à cet effet des exemples allant des camps de réfugié-e-s à la chasse policière aux sans-papiers, en passant par Guantánamo comme phénomène carcéral hors du droit et la situation autochtone au Canada, preuve flagrante du colonialisme intérieur que les gouvernements au Canada persistent à ignorer.

Cet exercice multidisciplinaire se propose de mettre en lumière l’actualité de la pensée d’Arendt, en la situant en parallèle à celle d’autres auteur-e-s – de Michel Foucault à Iris Marion Young en passant par Gérard Noiriel et Judith Butler – ayant travaillé sur des thèmes et questions similaires.

ARENDT, Hannah, 1994. « We refugees ». Dans ROBINSON, Marc (Éd.) Altogether Elsewhere: Writers on Exile [Disponible en ligne] http://www-leland.stanford.edu/dept/DLCL/files/pdf/hannah_arendt_we_refugees.pdf

ARENDT, Hannah, 2002. Les origines du totalitarisme – Eichmann à Jérusalem. Édition établie sous la direction de Pierre Bouretz. Gallimard, Paris, 1615 pages.