Jacques Rancière et le mouvement étudiant québécois du printemps 2012 : une tentative d’émancipation politique à l’intérieur d’une société post-démocratique

Nicolas Bernier

Cette présentation vise à démontrer la pertinence et l’originalité de la conception de l’émancipation politique de Jacques Rancière. Le surcroît d’intelligibilité de cette dernière permet de mettre en lumière certains éléments essentiels de l’action politique au cœur du mouvement étudiant québécois du printemps 2012, notamment la réaction autoritaire du gouvernement libéral mais aussi d’une partie importante de la société québécoise. La pensée de Rancière a pour avantage de cerner les obstacles inévitables à l’émancipation politique à l’intérieure des sociétés occidentales modernes, qu’il qualifie de post-démocratiques puisqu’elles masquent l’apparence litigieuse du peuple. Au nom de l’État de droit, du discours expert et de la nécessité économique mondiale, les post-démocraties s’en prennent à l’essence même de la participation politique, c’est-à-dire à la capacité des individus de se constituer comme sujet politique capable, au même titre que n’importe qui, et de prendre part aux décisions de la vie commune.

Référence : Rancière, J. (1995), La mésentente: politique et philosophie, Paris, Galilée, (Collection La philosophie en effet), 187 p.