Relation d’identité entre la substance et l’attribut chez Spinoza

Alexandre Riel

Dans l’Éthique (1677), œuvre posthume de Spinoza, les définitions jouent un rôle fondamental dans l’ordre géométrique qui y est déployé. En effet, elles constituent la base du système spinoziste et ont pour objectif de délimiter clairement, entre autres, les concepts de substance et d’attribut. Or, cette séparation apparente entre les deux concepts ne l’est pas autant que le laissent entendre les définitions du premier livre de l’Éthique. En effet, dans les premières propositions de l’Éthique et dans des textes antérieurs à l’Éthique, notamment dans le Court traité (1663) et dans des lettres de correspondance, il semble y avoir une certaine incertitude dans la distinction entre la substance et l’attribut : elle est parfois si mince que les deux termes sont interchangeables. Le problème est donc le suivant : s’il y a un rapport d’identité entre la substance et l’attribut, alors il y aura autant de substances que d’attributs. Or, Spinoza soutient qu’il existe une infinité d’attributs. Il est donc pertinent de se demander s’il y a un monisme substantiel ou, au contraire, un pluralisme substantiel qui se déploie sous une infinité de substances.

Références :

1) Spinoza, Éthique, livre I ;

2) Spinoza, Court traité, livre I.