Le mystère de la méthode dans les Rêveries d’un promeneur solitaire de Jean-Jacques Rousseau

Antoine Néron

Les Rêveries d’un promeneur solitaire est le dernier ouvrage de Jean-Jacques Rousseau qu’il écrit pour lui-même, pour son plaisir propre et pour mieux se connaitre. Le philosophe genevois propose dans cet ouvrage un jeu de prise de conscience où le but est de dénicher les penchants naturels qui gouvernent sa propre psychologie et d’établir le lien entre le Savoir et la Raison d’être. Dans cette quête d’approfondissement philosophique de la connaissance de soi, la méthodologie s’impose comme moyen terme entre la connaissance de soi et le bonheur. Il existe cependant un paradoxe quant à la nature de la méthodologie dans les Rêveries d’un promeneur solitaire. Rousseau professe qu’il n’utilise pas de méthode pour parvenir à s’approcher de son but qui est de mieux se connaitre. Toutefois, nous constatons qu’il existe bel et bien une certaine démarche qui guide cette quête de soi. Le but de cette conférence est d’élucider ce mystère en argumentant que Rousseau développe bel et bien une méthode. C’est une nouvelle méthode introspective en outre qui se penche sur un objet d’étude bien particulier pour son époque, à savoir les habitudes machinales. Nous abordons dans un premier temps la signification du concept de méthode au XVIIIe siècle où nous serons en mesure de comprendre ce qu’implique cette notion pour Rousseau. Puis, nous nous penchons sur les propriétés de l’objet d’étude de Rousseau, à savoir les habitudes machinales qui à bien des égards, nous le verrons, ressemblent à un concept de proto-inconscient. Finalement, nous explorons comment utiliser la méthode de la rêverie qui permet à Rousseau de tirer de la connaissance de soi de ses habitudes machinales.