«Se tirer des pattes de Dame Arachnée ». Métaphores animales et économie du discours scientifique

Babette Chabout-Combaz

De Bacon à Diderot, en passant par Bayle, Swift, et Fontenelle, les philosophes ont souvent eu recourt à des métaphores animales pour décrire l’activité scientifique et son fondement empirique. Comme le rappelle Fumaroli dans la préface célèbre de « La Querelle des Anciens et des Modernes XVII-XVIIIe siècles », l’abeille et l’araignée sont les deux animaux privilégiés de ce « bestiaire », à teneur à la fois politique et épistémologique, qui témoignent d’un imaginaire scientifique naturalisé (le « réseau » de la toile d’araignée, l’agitation de la ruche). À l’inverse, il est possible de montrer de quelle manière ces métaphores sont également constitutives de la théorie empirique de ces auteurs en étudiant leur place dans l’économie du discours et la fonction théorétique qu’elles occupent.

A l’étude :

– F. Bacon, Du progrès et de la promotion des savoirs (1605).

– B. Le Bovier de Fontenelle, Digression sur les Anciens et les Modernes (1688)

– J. Swift, Récit véritable et exacte d’une bataille entre les livres anciens et modernes (1697)

– D. Diderot, Les Bijoux indiscrets (1748), Le Rêve de d’Alembert (1769)

– Quelques articles de l’Encyclopédie.