Sommes-nous libres aujourd’hui? Une discussion à partir de la notion de l’eleutheria

Zoraia Ribeiro Dos Santos

Même si ce titre semble anachronique, il est tout même indéniable le fait que toute l’humanité cherche depuis toujours à avoir une vie heureuse. Pour ce faire, nous sommes dotés d’une voix intérieure qui nous parle du bon chemin à prendre. Pourquoi ne pas donc y penser par la perspective stoïcienne de pratiquer la conscience morale ? Différemment d’une plante, d’une pierre ou d’un fruit, l’être humain dispose singulièrement de la capacité de délibérer sur la direction qu’il veut donner à sa vie, c’est-à-dire qu’il est libre pour choisir ce qui lui est utile à la vie pour devenir heureux.

Le mot grec eleutheria (ελευθερια) désignait dans l’Antiquité la condition de l’homme libre, la liberté civile. Normalement, nous considérons le terme liberté dans le sens moral, en tant que capacité d’agir librement, selon son gré ; ou l’état de ce qui n’est pas soumis à un maître ; ou encore, ce qui n’est pas retenu prisonniers et a donc le droit d’aller et venir, de sorte que l’agir librement signifierait agir sans contrainte conformément à la Nature, « cet ordre rationnel universel » (Hadot. 1998, p. 244). Mais si on veut agir librement, on doit vouloir le faire. Liberté et volonté, en ce sens, forment un binôme catégorique inscrit dans le domaine de la philosophie morale.

D’ailleurs, nous pourrions nous questionner si nous pouvons tout faire selon notre vouloir. Ceci étant le cas, nos vouloirs seraient-ils libres pour que nous puissions vouloir choisir librement ? Et encore, il nous suffirait-il d’être devant la possibilité de choisir pour être libre ? Sénèque, dans ses Lettres à Lucilius XXVI, il nous aurait répondu : « je vais, juge de moi-même. » Ainsi, dépendant de ses jugements à lui, il vit de façon autonome (autarkeia) selon la nature. Cette affirmation-ci suppose quoi et comment ? Voici des questions auxquelles nous proposons de répondre par la pensée stoïcienne.

BIBLIOGRAPHIE

BRÉHIER, Émile. (1928). Histoire de la philosophie. Tome I l’Antiquité et le Moyen âge. Édition électronique dans le cadre de la collection Les classiques des sciences sociales.

ÉPICTETE. 2010. Manuel. Les intégrales de philo ; 19. Paris: Nathan.

HADOT, Pierre. 1998. Études de philosophie ancienne. Âne d’or. Paris: Les Belles lettres.

SÉNÈQUE. (1861). Lettres à Lucilius. In Oeuvres complètes de Sénèque. Tome second. Paris : Hachette.