Au cœur de l’écoumène – Temps, espace et technologie

Groupe Stasis

Dimanche, UdeM – 14h30 à 16h15

Stasis, groupe d’enquête sur le contemporain, vous convie à une séance de réflexion et discussion sur le milieu dans lequel nous évoluons, c’est-à-dire l’ « écoumène » du capitalisme contemporain à l’origine des environnements métropolitains construits, qui ont pris la place de l’antique nature (que l’on voit en elle la physis des Anciens Grecs ou les territoires mohawks non-cédés pillés par le colonialisme extractiviste). Véritable Umwelt, monde vécu, pour les sujets pris dans les rets d’une temporalité et d’espaces se présentant toujours plus comme irrésistiblement aménagés, les métropoles forment le creuset d’une accélération et d’un déploiement de réseaux toujours plus englobants. Comment penser l’entrelacs des vies, des dispositifs, des agencements et des technologies?

C’est par la pratique de l’enquête (en saisissant les choses par le milieu, comme le proposait jadis Deleuze), donc de points de vue situés et variés que nous tenterons d’esquisser le portrait de différents aspects de la technologie en tant qu’elle façonne toujours plus notre rapport au temps et aux espaces. Comment fonctionne la mécanique sociale de l’accélération dans le capitalisme tardif (Rosa 2010)? Que nous évoque le rapport à la pensée spéculative ré-ouvert par les accélérationistes, de gauche et de droite (Srncek 2013, Land 2011)? Comment se déprendre des captures opérées par les dispositifs sur les vies contemporaines (Agamben 2007, 2015)? Qu’est-ce qu’une société de contrôle et une gouvernance algorithmique (Deleuze 1990, Rouvroy 2013)? Comment notre rapport au futur, à l’historicité et finalement à la narration même –notre rapport sensible à ce qui peut faire sens dans une vie- est bouleversé par la « psychopolitique » qui prend le relais du biopouvoir (Chul-Han 2014, Foucault 1978)? Que signifierait reprendre le fil des rencontres entre mondes et formes-de-vies différentes constamment interrompu par l’accumulation primitive renouvelée du colonialisme extractiviste (Coulthard 2014) à l’ère du « capitalocène » (Malm 2017) ou de l’« aliénocène » (Neyrat, 2016)?

Voici quelques exemples de questions auxquelles n’avons certes pas la prétention d’apporter des éléments de réponses définitives, mais que nous aimerions néanmoins « entre-prendre » en votre compagnie, le temps d’une discussion. Nous procéderons d’abord à 3 ou 4 présentations en panel d’environ 15 minutes chacune avant de poursuivre en animant une discussion collective d’environ une heure et quart ou une heure. En espérant vous y voir nombreuses et nombreux!

Nicolas Gauthier, philosophie et études arabes, UQÀM
Annabelle Rivard, sociologie Université de Montréal
Adrien Saucier, philosophie Université de Montréal
Jean-Philippe Bombay, histoire Mc Gill
(les participant-e-s sont sujet à changement)