Hannah Arendt. De la démesure existentiale de l’action vers l’achèvement d’une philosophie politique

Jacques Renaud Stinfil

Samedi, Concordia – 11h à 11h45

L’action, Chez Hannah Arendt, possède deux caractéristiques qui remettent en cause son incompatibilité avec la violence : l’irréversibilité et l’imprévisibilité. Ensemble, elles donnent à l’action un caractère fragile et d’illimitation. La proposition arendtienne de deux remèdes aux calamités de l’action, le pardon et la promesse, se révèle problématique ; car Arendt en fait des facultés virtuelles de l’action. En tant que telles, la promesse et le pardon sont en effet affectés du même problème d’incertitude de l’action. Étant illimitée, l’action est donc exposée à la violence. D’où le point de départ de notre conférence.

Notre intervention s’inscrira dans la perspective globale suivante : mettre en rapport l’action et la violence dans une conception du politique où elles paraissent plutôt s’exclure mutuellement, pour ensuite trouver les conditions de résolution du problème de la violence qui menace en permanence l’action. Pour ce faire, sera analysé d’abord le concept d’action chez Hannah Arendt dans son rapport intrinsèque à la violence. L’examen portera ensuite sur les conséquences de ce concept d’action sur sa notion de pouvoir. Le pouvoir tel que conçu par Arendt, héritant de la fragilité de l’action avec laquelle il s’articule intimement, porte les mêmes difficultés aporétiques où le politique s’expose inévitablement à la violence. Il s’agira alors, enfin, d’étudier les conditions de possibilité d’une politique sans violence sans sortir du schéma arendtien du politique. C’est ce que semble permettre finalement la lecture arendtienne de Kant, laquelle sera approfondie dans la perspective d’ « achever » la philosophie politique (non achevée) d’Hannah Arendt.