Histoire du concept de travail invisible, du marxisme au féminisme

William Champigny-Fortier

Samedi – 10h à 10h30

La revendication de rémunération des stages portée par nombre d’association étudiante s’appuie dans bien des cas sur le concept de « travail invisible », une notion qui date de plusieurs décennies, mais qui se voit aujourd’hui réinvestie pour de nouvelles luttes. Dans un tel contexte, effectuer une histoire de ce concept s’avère intéressant afin de mieux comprendre comment celui-ci est devenu ce qu’il est aujourd’hui et comment il s’est métamorphosé au fil des décennies depuis son origine marxiste.

L’objectif de la communication sera de montrer les mutations du concept de travail invisible en identifiant trois moments : la théorisation du travail reproductif par le marxisme classique, le passage au travail invisible avec le féminisme marxiste des années 70 et finalement, le féminisme intersectionnel du XXIe siècle. La présentation de recherche fera le point sur la constance de certains éléments dans cette notion, mais également sur les nouveautés apportées par chacune des phases ainsi que sur les divergences qui les opposent.

Afin de répondre à ces trois questions, il faudra dans un premier temps extraire et mettre en contexte les passages des œuvres de Marx et d’Engels portant sur l’enjeu du travail reproductif, première forme de travail invisible. Par la suite, un travail semblable sera effectué sur un corpus de textes un peu plus large concernant les féministes marxistes et principalement Silvia Federici, une philosophe italienne ayant abondamment étudié le phénomène du travail invisible. Finalement, l’étude prendra en compte l’œuvre de certaines philosophes féministes intersectionnelles critiques du marxisme comme Christine Delphy.