La démocratie au 21e siècle : Défis et possibilités

Emanuel Guay

Samedi, Concordia – 14h30 à 16h15

La démocratie, à travers le monde, traverse actuellement une période contradictoire. Jamais une part aussi importante de l’humanité n’a eu la possibilité de nommer elle-même ses gouvernements, et pourtant la démocratie représentative est régulièrement déclarée en crise ou en déroute, tant dans les cercles académiques que dans les médias. Parmi les facteurs qui contribuent à cette crise, deux d’entre eux nous semblent particulièrement importants : d’une part, de nombreuses recherches rendent compte d’un recul, depuis les années 1980, des politiques sociales favorisant une égalisation relative des conditions de vie (assistance sociale, redistribution des revenus, assurance sociale, services publics et sociaux, etc.). D’autre part, plusieurs études récentes constatent une perte marquée d’intérêt, en Europe et aux États-Unis, pour la démocratie, qui s’accompagne en outre d’un appui croissant à des alternatives autoritaires. Notre présentation vise à analyser les rapports entre la montée drastique des inégalités socioéconomiques et la perte de confiance à l’endroit des institutions démocratiques représentatives, qui nous semblent correspondre à une crise de deux dimensions distinctes de la démocratie, soit sa dimension sociale et sa dimension politique. Après avoir défini ces deux dimensions, nous analyserons les crises contemporaines de la démocratie, qui renvoient tant à des facteurs internes qu’externes, et nous nous pencherons finalement sur les manières d’affronter ces crises à partir d’un agenda d’approfondissement de la démocratie (Wright 2012). Le développement d’un tel agenda nous semble une voie prometteuse pour à la fois contrer la montée contemporaine des autoritarismes et réfléchir la démocratie au-delà du cadre (néo)libéral.