La figure de la prostituée en philosophie: un obstacle épistémique à la compréhension du consentement au travail ?

Amélie Djender

Samedi – 14h30 à 15h15

La stigmatisation du travail du sexe a plusieurs répercussions qui sont principalement: (1) la banalisation des violences et des homicides envers les travailleuses et les travailleurs du sexe et leur marginalisation sociale (2) la difficulté de lutter efficacement contre l’exploitation et le trafic sexuel.

Les conceptions stigmatisées du travail du sexe peuvent également constituer un obstacle à la compréhension des rapports de pouvoir qui structurent l’industrie du sexe et le travail non-sexuel.

En analysant le concept de prostitution dans les travaux ayant pour sujet le travail du sexe, je vais d’abord présenter les présupposés normatifs à partir desquels est constituée la «figure de la prostituée» en philosophie. Cette figure s’apparente à un concept ontologique qui représenterait la valeur sociale des femmes, mais également l’objectification, l’instrumentalisation du corps et l’absence d’agentivité.

En seconde partie, les conséquences épistémiques sur la conceptualisation des enjeux qui concernent et dépassent le travail du sexe seront abordés. Le but sera d’explorer de quelle manière la figure de la «prostituée» constitue un obstacle à la compréhension des rapports de pouvoir qui structurent le consentement et la négociation dans le cadre du travail non-sexuel.