L’art contemporain et l’image épistémologique: une critique

Félix Sheedy Gosselin

Dimanche, UdeM – 14h30 à 15h15

L’art contemporain, comme le remarque Thierry De Duve dans son livre intitulé Au nom de l’art, semble clamer haut et fort le triomphe du n’importe quoi. En effet, aux yeux des non-initiés les œuvres produites par les multiples mouvements artistiques qui ont marqué le XXe siècle résistent farouchement à ce que l’Histoire a généralement su nommer art. S’accorder avec ce diagnostic peu flatteur constituerait, toutefois, une erreur monumentale, car même si le résultat final ressemble à un simple fouillis formé de matériaux divers on doit se rappeler que ce désordre est le fruit d’une réflexion critique déployée par l’artiste. En fait, qu’il soit sculpture ou peinture, peu importe : l’objet d’art contemporain est fondamentalement une chose qui s’efforce d’ébranler les contraintes qui pèsent sur l’activité artistique. Par contre, et on trouvera ici la thèse de ce papier, en cherchant aveuglément et à tout prix à libérer l’art de ce qui limite son développement, les artistes l’ont enfermé dans une prison encore plus vicieuse que celle tenue par les vieilles esthétiques. Le philosophe canadien Charles Taylor lui a d’ailleurs donné un nom spécifique : l’image épistémologique. La structure de celle-ci sera abordée plus en détail au cours de la première partie de cette présentation. Par la suite, plusieurs peintres et sculpteurs interviendront en guise d’exemples afin de montrer comment leur travail s’attaque directement et sans compromis aux caractéristiques essentielles de l’œuvre d’art précontemporaine et, par conséquent, comment ils tombent dans le piège de l’image épistémologique.