Le divin en tant que norme du devoir-être en Antiquité

Ismael Kettani

Samedi, Concordia – 16h30 à 17h15

Dans la pensée grecque, comme l’ont montrées les analyses structuralistes des mythes grecs faites par Vernant, l’homme est situé sur un plan intermédiaire entre les dieux et les animaux. Ce statut est toutefois mobile, car l’homme peut descendre vers la bestialité ou se hisser jusqu’à se faire le plus semblable possible aux dieux. Cette présentation vise à montrer de quelle manière ce fond mythologique est récupéré et adapté par les philosophes grecs pour en faire une norme idéale de vie. Bien que sera esquissé de quelle manière l’idéal du divin se décline chez Xénophon, chez les Stoïciens, chez les Épicuriens, chez Platon et chez Aristote, ma présentation portera plus particulièrement sur ces deux derniers penseurs.

La majeure partie de cette présentation sera donc dédiée à expliciter la nature du divin chez Platon et Aristote et en quoi le mode de vie philosophique permet de se rendre, autant que faire se peut pour un humain, semblable au divin. J’espère ainsi démontrer de quelle manière le divin agit en tant que principe normatif de l’agir humain. Ce faisant, des différences entre Platon et Aristote seront mises au jour, mais aussi des points de contact parfois négligés. En effet, malgré qu’on insiste souvent sur Aristote comme penseur de la vie pratique, tous deux partagent l’idée selon laquelle la vie théorétique est la meilleure. Particulièrement importants pour cette présentation seront le Timée, le Théétète, la République II-III, les Politiques I, 2 et l’Éthique à Nicomaque X, 6-8.

Au-delà du contenu explicitement abordé durant la présentation, celle-ci pourra sûrement porter à réfléchir sur l’abstraction qu’est la séparation entre mythos et logos en montrant que leurs frontières ne sont pas étanches et sur la possible entente de Platon et d’Aristote alors qu’ils sont souvent dépeints comme des penseurs diamétralement opposés sur tous les points.