Le problème « difficilement équivoque » de la conscience

Frédérick Deschênes

Dimanche, UdeM – 11h à 11h45

L’activité consiste d’abord en une présentation générale des principales positions face au problème « difficile » de la conscience – savoir comment et pourquoi nous avons une conscience phénoménale – introduit par David J. Chalmers dans Facing up to the hard problem of consciousness (1995). Dans la seconde partie, nous considérerons et analyserons en groupe les pistes de recherches actuelles. La première position présentée sera le « panprotopsychisme » de Chalmers. Elle se caractérise par l’union primitive de la matière et de caractéristiques « protophénoménales » dont la conscience est tributaire. Daniel C. Dennett sera ensuite pris comme représentant de la position adverse, soit celle d’un matérialisme éliminativisme ne souscrivant pas au problème « difficile » tel que formulé par Chalmers, qui prendrait pour acquise l’existence d’un contenu subjectif (les qualias). À cet égard, nous verrons quelle question alternative propose Dennett. Je présenterai comme dernière position celle de Stevan Harnad, réduisant l’explanandum au ressenti (feeling) et concevant le problème « difficile » ainsi posé, tel qu’insoluble.

Par ce portrait global de positions polarisées, aussi bien adverses que légitimes, j’inviterai les participant-e-s à considérer le problème dans ses paramètres implicites en soulignant l’intérêt d’une démarche de recherche et de solution intégrative plutôt que fragmentaire. Nous listerons donc d’abord le « quoi », c’est-à-dire les explanandums candidats et non négligeables au problème. Ensuite, nous distinguerons le « comment?» en tant que 1) mécanisme physiologique et 2) ontogénie (développement biologique du trait à expliquer). Après cela, nous considérerons le « pourquoi?» sous l’angle de 1) la phylogénie (l’historique évolutif du trait) et 2) la fonction (mesurable en termes de valeur adaptative).

Nous conclurons en tentant une synthèse des positions puis en considérant l’avancement possible et ce que nous pouvons actuellement faire à l’égard du problème « difficile » .