L’unicité épistémologique des expériences de pensée: Une critique du réductionnisme

Jérôme Richard

Dimanche, UdeM – 14h30 à 15h15

Cette présentation souhaite explorer un aspect peu étudié des expériences de pensée (EP). Nous critiquerons la position empiriste et réductionniste de Norton pour défendre l’unicité épistémologique des EP ainsi que la thèse expérimentaliste de Sorensen. L’étude des EP se divise généralement en deux grandes catégories de questionnements : celles qui concernent l’informativité (les questions d’ordre épistémologiques sur la fonction et la nature des EP) et d’une autre part sur la légitimité (les questions d’ordres méthodologiques qui tentent de régir les usages convenables de cette méthode). Par contre, très peu d’écrits mentionnent l’unicité: est-ce que les EP sont un processus unique pour accéder à la connaissance ou elles peuvent être réduites à un autre processus? Lors de cette présentation, je défendrai que les EP sont une méthode unique. De nombreux auteurs favorisent un réductionnisme, c’est le cas de Nersessian (1992, 2007) qui avance l’idée que les EP sont en fait des modèles mentaux. Une vision plus populaire des EP est celle de Norton. La position empiriste de Norton (1996, 2004a, 2004b) suggère que toutes les EP ne sont rien de plus que de simples arguments. Afin de défendre l’unicité des EP, il faut mettre en échec la position réductionniste de Norton. La critique de cette position par Brendel (2018) nous servira de guide pour construire notre objection. Malgré le fait que les EP peuvent reconstruites en arguments, il s’agit d’abord et avant tout d’une expérience (Sorensen 1992). Nous pouvons mieux comprendre l’unicité épistémologique des EP si l’on sépare le rôle du concepteur d’une EP et l’expérimentateur (le lecteur de l’EP). Nous établirons les grandes lignes des deux rôles et les différentes avenues pour les étudier. Cette idée selon moi permet de renforcer la thèse expérimentaliste.