Martha Nussbaum et Amartya Sen : le problème des inégalités et la théorie de l’approche des capabilités

Alexandra Prégent

Samedi – 15h30 à 16h15

La présente conférence tentera de démontrer l’importance, souvent sous-estimée, de la morale dans une société qui désire prospérer, au sens économique. En s’appuyant sur les travaux de Martha Nussbaum et d’Amartya Sen, le problème des inégalités sera abordé par la théorie de l’approche des capabilités. Partant de l’idée que tous les êtres humains sont égaux en dignité et en valeur, en vertu de leur capacité fondamentale à faire des choix moraux et à raisonner, la théorie rawlsienne se voit reprise et modifiée par Nussbaum dans le but de penser une vie en société qui permettrait une plus grande justice pour tous et qui, de l’autre côté, serait le meilleur choix pour une société qui désire prospérer au niveau économique.

Premièrement, il s’agira d’expliquer, en s’appuyant sur les travaux d’Amartya Sen, comment des enjeux économiques, comme la famine, souvent perçus hors du champ de la morale, dépendent au final de cette morale à la base des capabilités des citoyens. Nous observerons les corrélations relevées par Amartya Sen entre ces enjeux économiques et le choix qu’une société peut faire en concentrant son système éducatif vers une performance purement technologique, négligeant dans cette éducation les grands domaines que sont l’histoire, la philosophie, l’art, et la culture.

Deuxièmement, nous tenterons de démontrer comment certaines inégalités résistent à l’intérieur des systèmes où elles ne devraient pas, vraisemblablement, exister. Selon Martha Nussbaum, ces inégalités se voient perpétuées parce que les individus qui les subissent, majoritairement des femmes, adaptent leurs « préférences » au contexte d’aliénation et d’exploitation, contexte souvent façonné par d’anciennes traditions et coutumes. Le cas des femmes indiennes, faisant parties des plus pauvres du monde et soumises à un système et à une religion patriarcale, sera soulevé.