Phénoménologies et critiques de la technique

Nicolas Gauthier

Dimanche, UdeM – 10h à 10h45

Si la philosophie de la technique a aujourd’hui emboîté le pas de la philosophie environnementale dans la dynamique portant celle-ci à se tenir au plus près de son objet d’étude et donc, à se trouver à penser sur les traces mêmes du développement technique (Feenberg 2014 et Vogel 2015), il n’en a pas toujours été ainsi.

Par un survol historique de différentes approches philosophiques de la technique vers les années 1950 jusque vers 1980 (Heidegger 1953, Patočka 1973, Anders 1956 et 1980, Simondon 1958), nous tenterons de retrouver une pensée phénoménologique de la technique qui, tout en appréhendant ce phénomène déterminant désormais pour une foultitude d’aspects de nos vies quotidiennes dans sa globalité (via le concept historique et philosophique d’ère de la technique), a aussi tenté de garder dans sa saisie interprétative le caractère intime de la technique telle qu’elle nous apparaît au sein de notre situation historique. En reprenant cette phénoménologie de la technique telle qu’elle questionnait ce qui restait implicite et le plus souvent impensé par les contemporains de la 3ème révolution industrielle, qui a vu la naissance des ordinateurs formant maintenant la base de l’économie mondiale, nous tenterons de restituer à la fois le contexte d’émergence de sa problématique et le propos philosophique qui était alors tenu sur cette époque. Nous ouvrirons finalement la discussion sur le rapport que nous pouvons désormais concevoir au monde de la technique dans la foulée de penseurs issus des sciences sociales et de la philosophie contemporaine, comme Bruno Latour (Latour 2007 et 2015) ou encore Donna Haraway (Haraway 2016).