Sortir de sa zone de confort épistémique pour enrayer les injustices, selon Miranda Fricker

Alexia Leclerc

Samedi, Concordia – 10h45 à 11h45

La présentation portera sur l’œuvre philosophique de Miranda Fricker qui se penche sur les injustices épistémiques, théorisées dans son livre Epistemic injustice : power and the ethic of knowing (2007). Elle démontre que la conceptualisation des injustices épistémiques offre un outil critique essentiel pour comprendre les injustices. Elle se penche ainsi sur les implications éthiques et politiques de l’épistémologie traditionnelle, souvent mises à l’écart. Deux formes d’inégalités sont explicitées : les inégalités testimoniales et les inégalités herméneutiques. Les injustices testimoniales ont lieu lorsqu’un jugement discriminatoire sur l’identité de la personne affecte sa valeur épistémique et sa crédibilité. Les injustices herméneutiques ont lieu lorsque le témoignage expérienciel d’une personne est affecté par un manque de ressources conceptuelles pour le comprendre. Les injustices herméneutiques sont dues par des lacunes au niveau des ressources épistémiques collectives : les propos d’une personne sont inintelligibles parce qu’il n’existe a pas de concept qui permet de les comprendre. La solution imaginée par Fricker est de développer une vertu testimoniale et herméneutique : nous avons la responsabilité de prendre conscience de nos croyances et de nos préconceptions pour éviter de reconduire les injustices épistémiques.