Généalogie des théories féministes latino-américaines

Francesca Gargallo

La philosophie latino-américaine et les féminismes latino-américains vivent à présent  un moment de visibilité hors du continent, grâce à la chance qui jouissent la théorie décoloniale et la « vague » massive, anti-néoliberal, communitaire, anonyme centré en la lutte contre la violence structurel du système contre les corps féminisés des jeunes femmes qui se déplace de l’Argentine au Mexique. L’importance des idées de colonialité du pouvoir, comme forme ou façon du pouvoir global, et de race comme catégorie primordiale de la Modernité, du péruvien Anibal Quijano, influencent à présent les études critiques sur la domination sociale dans le monde entier. De la même façon, comme l’a mis en évidence le chant chorégraphié « Un violeur sur ton chemin », des chiliennes du collectif Las Tesis, qui a été repris dans de très différents pays, le mouvement féministe qui secoue les place du continent depuis 2015, ébranle les études de genre de la fin du XX siècle, et remet en place les corps sexués, actifs, critiques de leur infériorisation et racialisation des actions féministes anti-néolibérales actuelles pour la défense de la vie des femmes. C’est un féminisme qui s’est nourri des résistances des femmes indigènes contre la destruction de ses territoires par une modernisation génocide et écocide, du féminisme classique, des mobilisations populaire urbaine pour la maison, le transport et l’eau, des études de genres, de la lutte contre la disparition des personnes et des organisations de mères de disparu/es, des dénonces contre le harcèlement et l’abus sexuel des hommes dans les écoles, le travail et même au sein de l’activisme politique, des luttes pour le droit à l’éducation et de la récupération des idées de démocratie directe qui se produit autonome dans la société, qui furent violement effacés par la répression des états du capitalisme financier de la fin du XX siècle. C’est un féminisme qui ne dépend pas de la figure individuelle d’importance (une leaderesse) pour maintenir la congruence avec le langage collectif qui utilise pour exprimer ses émotions -principalement, le désir et l’urgence de surmonter la peur et la rage de vivre dans ce monde injuste- et ses idées -le remaniement de la justice en relation avec la loi et les peines de prison-.(Gargallo Celentani, 2019).  

Les groupes féministes qui se nomment féministes décoloniales ne sont pas homogènes. Les secteurs influencés par l’anthropologie féministe décoloniale de Rita Laura Segato, qui soutient que le patriarcat est essentiel à la colonialité du pouvoir et ses stratégies de control social, appuient activement les mobilisations des femmes contre l’oppression et la violence et pour le droit au control de sa maternité. Celons ces secteurs du féminisme décolonial, la cruauté qu’expérimentent les corps des femmes abusés, violés et tués massivement dans les maisons et les rue d’Amérique est la marque d’une guerre contre les femmes, qui tient le fin de privatisé la vie, la productivité, la reproductivité, la fête, les soucis et de déraciner ainsi les communautés qui se véhiculent avec la présence des femmes.

Le collectif Actoras de Cambio, au Guatemala, considère que la décolonisation est un procès politique dialogal entre femmes qui ont des expériences en commun et décident se reconstruire après avoir vécu l’horreur. Actoras de Cambio participe des mobilisation de la vague féministe car affirme qu’il est possible de créer un monde juste de respect et de liberté pour les femmes, où le viol, la guerre et le racisme ne sont plus tolérés ou considérés comme normaux.

Par contre, les féministes décoloniales qui mettent l’accent sur la racialisation et l’nvisibilisation des apports épistémiques des femmes noires et des peuples originaires considèrent que la vague feministe latino-americaine est blanche (ou métis-blanchisée), urbaine et n’est pas suffisament attentive  à l’eurocentrisme, au racisme et à la colonialité  dans sa théorisation féministe. (Espinosa Miñoso, 2014: 7)  

Or les théories décoloniales et la vague féministe latino-américaine des années 2010 sont inconcevables sans une histoire des idées philosophiques sur l’identité latino-américaine, les narratives nationales sur la même, la construction hégémonique des discours sur les migrations et les métissages, ainsi que les contre-discours de l’autodétermination des femmes, des peuples originaires et des noir/es invisibilisé/es.